Ouvrir un 3e pilier, c'est bien ; savoir quand et comment le retirer, c'est ce qui détermine une bonne partie de son rendement réel. Car au moment du retrait, le capital est imposé, et quelques décisions prises au bon moment peuvent réduire sensiblement cette facture.
Quand peut-on retirer son 3e pilier A ?
En règle générale, le 3e pilier A se retire à la retraite, ou au plus tôt cinq ans avant l'âge légal de la retraite, soit dès 60 ans. Si vous continuez à travailler au-delà de l'âge de référence, vous pouvez repousser le retrait de cinq ans supplémentaires, ce qui laisse le capital fructifier plus longtemps.
Les cas de retrait anticipé
Avant 60 ans, le capital reste en principe bloqué, sauf dans des situations précises qui ouvrent un retrait anticipé :
- Acheter ou rembourser sa résidence principale : apport pour un logement en propre usage, ou amortissement d'un prêt hypothécaire.
- Quitter définitivement la Suisse : le départ à l'étranger permet de récupérer le capital constitué.
- Se mettre à son compte : le passage à une activité indépendante autorise le déblocage.
- Invalidité, ou versement aux proches en cas de décès.
Le 3e pilier B, lui, n'a aucune de ces contraintes : il est disponible à tout moment, sans condition.
Comment le retrait est-il imposé ?
Le capital d'un 3e pilier A n'est pas ajouté à vos autres revenus. Il est imposé séparément, à un taux réduit, au titre de l'impôt sur les prestations en capital (part fédérale et part cantonale). Le montant dépend de la somme retirée et de votre canton : chaque canton applique son propre barème, et l'impôt est progressif, donc plus le capital sorti en une fois est élevé, plus le taux grimpe.
Comme l'imposition est progressive, retirer un très gros capital en une seule année coûte proportionnellement plus cher que d'étaler les retraits. D'où l'intérêt d'anticiper.
Réduire l'impôt au retrait : les bons réflexes
- Échelonner les retraits sur plusieurs années : en ouvrant plusieurs comptes 3a et en les retirant lors d'années différentes, vous cassez la progressivité et réduisez le taux appliqué à chaque tranche.
- Coordonner au sein du couple : répartir les retraits entre les deux conjoints et sur des années distinctes évite d'additionner les capitaux la même année.
- Attention au cumul avec le 2e pilier : un retrait en capital de la caisse de pension la même année peut s'additionner au 3a dans le calcul. Le calendrier se prépare à l'avance.
Si vous quittez la Suisse, le retrait fait l'objet d'un impôt à la source, dont le taux dépend du canton de domicile de la fondation qui détient votre 3a. Selon votre pays de destination et les conventions applicables, une partie peut parfois être récupérée. C'est un point à cadrer avec un conseiller avant de retirer.
Bien préparer son retrait
Le meilleur moment pour penser au retrait, c'est bien avant de le faire. Le choix du nombre de comptes, du calendrier et de la coordination avec le 2e pilier se décide idéalement plusieurs années à l'avance. Si vous vivez à Genève, le barème cantonal a son importance : voir notre guide du 3e pilier à Genève. Et si vous êtes indépendant, le sujet est d'autant plus stratégique que les montants en jeu sont souvent élevés : voir notre guide pour indépendants.